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Afghanistan: huit médecins étrangers tués - AFP

Alea

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Sardar Ahmad
Agence France-Presse
Publié le 07 août 2010 à 09h11 | Mis à jour à 09h41


Afghanistan: huit médecins étrangers tués


Huit humanitaires occidentaux -six Américains, une Britannique et une Allemande- ont été tués par balle dans le nord-est de l'Afghanistan, une action revendiquée par les talibans qui affirment avoir visé des «missionnaires chrétiens».

«Cinq hommes, tous Américains, et trois femmes -une Américaine, une Allemande et une Britannique- ont été tués», a déclaré à l'AFP Dirk Frans, directeur exécutif d'International Assistance Mission (IAM), organisation chrétienne pour laquelle ces humanitaires -médecins généralistes, ophtalmologues et infirmières- travaillaient.

L'IAM est l'une des plus anciennes ONG implantées en Afghanistan. Elle affirme fournir des soins oculaires dans des centres qu'elle gère notamment à Kaboul, Herat et Kandahar.

Les corps ont été retrouvés vendredi dans la province montagneuse du Badakhshan (nord-est).

Selon le chef de la police provinciale Aqa Noor Kintoz, l'équipe, qui comprenait huit étrangers et au moins trois Afghans, voyageait du Badakhshan au Nouristan, province frontalière du Pakistan où l'influence des talibans est forte.

Le groupe avait passé plusieurs jours et nuits dans la région, selon le récit de Saifullah, un Afghan survivant de l'attaque.

«Le dernier jour, un groupe d'hommes armés est arrivé, les a alignés et les a abattus. Ils ont volé leurs affaires et leur argent», a dit Aqa Noor Kintoz en citant le témoignage de Saifullah.

Le chef de la police provinciale avait initialement annoncé la découverte des corps de «six Allemands, deux Américains et deux Afghans».

Saifullah aurait été épargné, selon son témoignage, parce qu'il a récité des versets du Coran au moment d'être exécuté. Les assaillants auraient réalisé qu'il est musulman et l'auraient libéré au Nouristan.

Selon le chef de la police, des habitants avaient dit au groupe d'étrangers que la région pouvait être dangereuse. «Ils ont dit qu'ils étaient médecins et que tout irait bien: "nous allons là-bas pour aider les gens"», a-t-il dit, rapportant toujours le témoignage de Saifullah.

Les corps ont été retrouvés dans le district de Kuran wa Minjan, à une journée de route de Faizabad, capitale de la province du Badakhshan.

Interrogée, une porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul a confirmé que «plusieurs Américains» feraient partie des victimes.

Dans un appel à l'AFP, les talibans ont affirmé avoir tué «neuf missionnaires chrétiens».

«Ils étaient perdus. Quand notre patrouille (de talibans) les a trouvés, ils ont essayé de s'échapper et ont été tués», a déclaré Zabihullah Mujahid, un porte-parole régulier des talibans qui s'exprimait par téléphone depuis une localisation inconnue.

«Ils étaient dix, dont neuf étrangers. Cinq des étrangers étaient des hommes, et il y avait quatre femmes. Le dernier était un Afghan», a ajouté M. Mujahid.

«Ils portaient des bibles en dari, des cartes, des systèmes GPRS. Ils faisaient la carte des positions des combattants» talibans, a affirmé le porte-parole.

En août 2008, quatre travailleurs humanitaires, dont une Canadienne, une Anglo-Canadienne et une Américaine, de l'ONG International Rescue Committee (IRC), avaient été tués dans une embuscade dans la province de Logar, à moins de 50 km au sud de Kaboul.


http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201008/07/01-4304652-afghanistan-huit-medecins-etrangers-tues.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_moyen-orient_291_section_POS3
 
Karim Talbi
Agence France-Presse
Kaboul
Publié le 07 août 2010 à 09h11 | Mis à jour le 08 août 2010 à 21h24


Les corps des humanitaires à Kaboul, l'enquête continue


Les corps des huit humanitaires occidentaux retrouvés dans le nord de l'Afghanistan ont été rapatriés dimanche à Kaboul, et l'enquête continue pour déterminer qui les a tués au lendemain de la revendication des talibans visant des «missionnaires chrétiens».

Les huit - six Américains, une Britannique et une Allemande - ainsi que deux Afghans ont été tués par balles dans la province du Badakhchan, une région réputée calme du nord-est de l'Afghanistan.

L'ambassade des Etats-Unis à Kaboul a annoncé que les corps avaient été rapatriés en milieu de journée et identifiés avec l'aide de responsables afghans et de représentants des consulats et ambassades américain, britannique et allemand.

«Nous pouvons désormais confirmer que six Américains figurent parmi les personnes décédées au Badakhchan», a déclaré la porte-parole de l'ambassade américaine, Caitlin Hayden, en soulignant que l'identité des victimes ne serait pas rendue publique par respect pour les familles.

Dans un communiqué, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a condamné l'assassinat des humanitaires et s'est dite bouleversée «par la perte de ces personnes héroïques et généreuses». Elle a également dénoncé «la tentative grossière des talibans pour justifier l'injustifiable en proférant de fausses accusations sur leurs activités en Afghanistan».

Le groupe d'humanitaires - médecins, ophtalmologues, dentiste et infirmières - était mené par un Américain vivant de longue date à Kaboul, selon Dirk Frans, le directeur exécutif d'International Assistance Mission (IAM), une organisation chrétienne pour qui travaillait Tom Little, le chef de l'équipe.

Le groupe voyageait à bord de voitures tout-terrain en raison du relief montagneux de la région, mais ne disposait pas de gardes pour assurer sa sécurité. Les humanitaires revenaient du Nouristan voisin, province sous forte influence talibane, quand ils ont été tués juste après leur entrée dans le Badakhchan, dans le district de Kuran wa Minjan.

Tom Little vivait en Afghanistan depuis les années 70 et parlait couramment le dari. Cet Américain avait son «franc-parler», ne cachait pas sa foi, mais ne cherchait pas à convertir les Afghans, selon M. Frans.

Il avait invité le docteur Karen Woo, une Britannique de 36 ans, qui aurait quitté un emploi dans le secteur privé à Londres pour travailler à Kaboul.

«Elle allait dans les endroits les plus dangereux d'Afghanistan pour aider les gens. Elle était comme ça. Elle était sérieuse et professionnelle», a déclaré son compagnon, Mark Smith, interrogé par la BBC.

A Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a qualifié le meurtre de Karen Woo d'«acte déplorable et lâche qui va à l'encontre des intérêts des Afghans qui dépendaient des services qu'elle contribuait courageusement à fournir».

Plusieurs corps pourraient être enterrés, «à la demande des familles», dans le cimetière britannique, dans le centre de Kaboul.

Les talibans ont affirmé avoir tué les humanitaires, parce qu'ils étaient des «missionnaires chrétiens» portant des bibles en dari.

De son côté, le ministère de l'Intérieur a ouvert une enquête mais estime qu'«il est prématuré de dire qui a organisé l'attaque, à qui sont affiliés (les assassins) et quelles étaient leurs motivations».

«C'est de plus en plus confus. Les talibans les ont d'abord accusés de prosélytisme. Après, les talibans ont aussi dit qu'il s'agissait d'une équipe d'espions de l'Otan et ne font plus référence au christianisme», explique le directeur de l'ONG IAM.

Le groupe avait passé plusieurs jours et nuits dans la région, selon le récit de Saifullah, un Afghan survivant de l'attaque, cité par le chef de la police du Badakhchan, Aqa Noor Kintoz.

«Le dernier jour, un groupe d'hommes armés est arrivé, les a alignés et les a abattus. Ils ont volé leurs affaires et leur argent», a dit Aqa Noor Kintoz en rapportant le témoignage de Saifullah.

Pour un Occidental vivant depuis vingt ans en Afghanistan, la mort des humanitaires est des plus «étranges». «Des voleurs qui laissent les objets qui ont le plus de valeur, les voitures ? Ils auraient simplement pu les voler et les laisser vivants», estime-t-il sous couvert de l'anonymat.

«On connaît la valeur d'un étranger. Ils auraient pu les monnayer. Et pourquoi attirer l'attention sur eux ?», demande-t-il.

A Kaboul, les ONG, sous le choc, réfléchissent aux mesures à prendre. «Nous ne gèlerons pas ou ne réduirons pas nos activités», dit Nasrullah Wali, le coordinateur en chef de l'ONG Handicap International. «Mais il y aura des implications. Nous prendrons des mesures de sécurité supplémentaires.»


http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201008/07/01-4304652-les-corps-des-humanitaires-a-kaboul-lenquete-continue.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_moyen-orient_291_section_POS1
 
Amir Shah et Deb Riechmann
Associated Press
Kaboul
Publié le 14 août 2010 à 15h35 | Mis à jour à 15h47


Humanitaires tués en Afghanistan: un survivant raconte


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Un homme armé faisant partie d'un groupe de malfaiteurs ayant tué dix travailleurs humanitaires dans le nord de l'Afghanistan il y a près de dix jours était monté à bord du véhicule de l'équipe médicale en auto-stop peu avant le massacre, a raconté l'unique survivant de l'attaque à l'Associated Press, samedi.

Dans une entrevue ponctuée de nombreuses pauses et de larmes pour ses défunts collègues, le conducteur qui a échappé à la mort, Safiullah, a soutenu que Dieu avait été bon avec lui.

Ainsi, le jour de l'attaque, soit le 5 août, l'équipe médicale a fait un arrêt de courtoisie sur le bord de la route pour embarquer trois hommes à bord de son véhicule, comme il est souvent d'usage dans cette région éloignée.

Peu après, les dix membres de la mission internationale d'assistance, soit six Américains, trois Afghans, une Allemande et une Britannique ont été tués par balle.

Cela a tragiquement mis fin à la mission de plus de deux semaines de l'équipe qui avait parcouru, essentiellement à pied et à dos de cheval, environ 160 kilomètres à travers les montagnes de l'Hindu Kush pour prodiguer des soins optiques et médicaux aux villageois de la province du Nuristan, dans l'est du pays.

Safiullah, âgé de 28 ans, a difficilement raconté comment l'équipe avait été attaquée par les bandits armés, qui leur criaient le mot «satellite» pour que ses membres délaissent leurs téléphones. Il a par la suite expliqué comment les malfaiteurs avait épargné sa vie et l'avaient forcé à marcher pendant des heures dans la forêt avant de le relâcher.


http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201008/14/01-4306598-humanitaires-tues-en-afghanistan-un-survivant-raconte.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_moyen-orient_291_section_POS1
 
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